Smegg a écrit :Plusieurs choses pour répondre. aurions nous vraiment un avantage à redescendre en N2?
- Impact marginal sur les couts de transport, vu notre géographie et celle des poules N2 actuelles (au contraire nous risquons même de plus dépenser en N2).
- Un stade moins garni, (tu baisses d'au moins 30 à 40% ta fréquentation de stade) + moins d'abonnés
- moins de facilité à trouver des sponsors, avec des affiches moins attractives, et encore moins de visibilité (TV rugbyrama …)
- des baisses de dotation des partenaires institutionnels
- moins de marchandising (même si je pense que celui ci doit être faible),
- et aussi moins de capaciter à conserver nos jeunes joueurs, car du coup tu n'es plus en Elite… avec une baisse du niveau de la formation (tu peux oublier ton centre de formation européen avec la Belgique et les Pays bas, et quid des joueurs pro qui encadrent les Crabos et Espoir).
Il faut noter que pour remonter en N1, il faut un budget conséquent, souvent équivalent à celui de milieu-bas de tableau de N1 (ex Orléans cette année, ou l'OMR l'année de la montée), avec le besoin de constituer un effectif capable de tenir la route (niveau N1), et on le voit bien avec notre effectif actuel, pour la majorité constitué de joueur issus de N2, voir F1. La construction des bases est en cours ou terminée pour l'OMR, redescendre ne fera que baisser une dynamique et un projet de club, et repartir sur un nouveau cycle de 4 ou 5 ans.
Il faut enfin quand même souligner que Roubaix vient de monter en F2 cette année, et se positionne en milieu de tableau, avec pas mal de jeunes de l'OMR recrutés. Il n'est pas impossible de voir une montée en F1 sous 2 ou 3 ans, justement si l'OMR se maintien et alimente via les jeunes Espoirs en partie et régulièrement cette équipe. Lille va probablement se maintenir en F3 également, avec j'espère un effet domino de l'OMR et Roubaix.
Pour résumer je pense qu'il faut absolument rester en N1, consolider et surtout sécuriser le budget pour éviter un dépôt de bilan (à 16 clubs sans réforme, tu es quasi sur d'avoir un club chaque année qui se casse la figure), et travailler à deux ans pour constituer une équipe de plus en plus compétitive et aguerri à la Division, en recrutant malin sur le local (joueurs de la Région, belges ou parisiens), des joueurs expérimentés qui veulent se relancer (et pas cher), ou des bons joueurs de N2 de 24-25 ans qui veulent un challenge sur le division au dessus (profil Méléana).
Sur le recrutement
Depuis la dernière intersaison, il est évident qu'on n'est pas en mesure d'attirer des joueurs capables de renforcer réellement l'effectif. Plusieurs facteurs l'expliquent : contrairement à d'autres clubs du championnat, on ne peut pas s'appuyer sur un vivier de joueurs formés en interne ou issus de clubs voisins — Albi, par exemple, bénéficie de cinq prêts en provenance de Castres. Notre position géographique isolée, combinée au fait qu'on reste un club jeune sans légitimité établie à ce niveau, joue contre nous. Le discours "dans trois ans on vise la Pro D2" ne fait plus recette : trop de clubs ont tenu ce discours avant de mal finir, et les joueurs ne sont plus dupes. Sans oublier les rumeurs de fragilité financière qui circulent et qui n'aident pas.
Concrètement, qu'est-ce qu'on peut proposer à un joueur qui a d'autres options ? Payer 20 à 30 % de plus ? Sur des profils à 3 000-4 000 €/mois, ça représente un effort significatif, et même à budget équivalent, on resterait moins attractifs que Narbonne ou Albi à court terme.
Sur le dilemme sportif et financier
Ça nous place devant un choix difficile : soit on creuse le déficit pour jouer autre chose que le maintien, au risque de déposer le bilan, soit on reste raisonnables financièrement et on s'expose à souffrir sportivement. Et même en choisissant de tout miser sur le maintien, les contraintes s'accumulent : impossibilité de lancer des jeunes, un staff précarisé incapable de construire un projet de jeu cohérent, des investissements concentrés sur le recrutement au détriment du reste, et une érosion générale de la motivation et de l'enthousiasme.
Pourtant, une descente n'est pas nécessairement une catastrophe. Rennes en est la meilleure illustration : après être tombé en Nationale 2 et avoir traversé plusieurs saisons difficiles avant de remonter, le club breton est aujourd'hui en train de se pérenniser en National en ayant bâti quelque chose de solide et cohérent. C'est un chemin plus exigeant, mais infiniment plus sain qu'une fuite en avant financière.
Sur la question du public et des sponsors
Je ne suis pas convaincu que le niveau National soit un argument décisif, ni pour les spectateurs ni pour les partenaires. La dernière opération "10 000 personnes" n'a pas été un succès. Vannes attire plus de monde en Pro D2 que le Racing ou le Stade Français en Top 14 — ce qui montre que les gens viennent pour leur club, pas pour l'étiquette de la compétition. Il en va probablement de même pour les sponsors : leur engagement repose sur leur attachement au club et au territoire, pas sur la visibilité d'une tribune à 2 000 spectateurs.
Sur la réalité financière
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Hors aides publiques et déficit (respectivement 900 k€ et 600 k€), le club génère 1,3 M€ de revenus — dont 1,1 M€ de partenariats et 200 k€ de billetterie/boutique. Le déficit représente environ 50 % des recettes propres du club. On ressemble davantage à une association qu'à un club professionnel au sens économique du terme.
Dans ce contexte, réduire les dépenses est plus réaliste qu'espérer doubler les recettes. C'est là que doit se trouver le levier prioritaire.
Dernière modification par RuckMaster (Hier 22:08:32)