Cette saison de Nationale 2 rendra son verdict dans quelques semaines afin de connaître les promus. Les deux leaders, Rennes et Niort font figure de favoris, mais nous avons bien vu sur ces deux dernières saisons que rien n'était acquis.
Si, sur le plan sportif, nous avons eu de belles joutes tout au long de l'année, il est clair que sur 24 clubs, il y a eu des problèmes extra-sportifs récurrents qui ont faussé le bon déroulement du championnat.
Dijon à la trappe
Le club bourguignon, centenaire a disparu du paysage rugbystique. Il est allé rejoindre la longue liste des clubs en faillite. Ayant joué en Nationale la première saison, le club a commencé sa descente aux enfers il y a plus d'un an avec un déficit chronique et cette incapacité à s'en sortir. Pourtant, la FFR a mis en place depuis de nombreuses années des plans d'accompagnement ou de redressement qui permettent au club de rester dans leur division et d'assainir leurs problèmes financiers.
Malheureusement, bon nombre de clubs jouent avec ça sans penser aux conséquences et se retrouvent dans l'impasse. Dijon en est le parfait exemple.
Il y a une quinzaine de jour, c'est l'association qui a été liquidée, empêchant donc toutes les équipes inscrites en compétition de finir la saison.
Dijon pourra repartir en régionale l'année prochaine avec une nouvelle structure, mais à l'instar de Beaune, le chemin sera long avant de retrouver l'élite fédérale.
Deux relégations administratives
Dans les deux poules, il y a eu des dégâts. En poule 2, le Bassin d'Arcachon s'est vu prononcer sa rétrogradation il y a quelques semaines pour une suite de non respect des plans d'accompagnement et de redressement.
En poule 1, c'est Bédarrides Châteauneuf qui a été epinglé pour des raisons similaires.
De ce fait, Mâcon en poule 1, ainsi que Fleurance en poule 2 sont repêchés.
La question se pose
Depuis la création des deux divisions nationales, il y a eu une véritable hécatombe de clubs : Blagnac, Hyères Carqueiranne, Dijon. Ces faillites poses la question de la corrélation entre un modèle sportif et ces possibilités économiques.
Comment un système qui demande un fonctionnement quasi-professionnel peut exister sans avoir les ressources nécessaires ?
Lorsque parle d'un retour d'une troisième division à 48 clubs, le seul argument qui nous est avancé est : c'est un retour en arrière.
Pourtant, la création de la Nationale était aussi un retour en arrière, au début des années 2000 lorsque la fédération avait créée la Promotion Nationale. Elle avait été annulée au bout d'un an à la demande des clubs car jugée non viable.
Depuis 20 ans, la FFR essaye des formules qui ne fonctionnent pas. La seule qui était fiable était bien la Fédérale 1 entre 2002 et 2006, puis entre 2018 et 2020. On a vu une réduction drastique des faillites, un équilibre géographique où les joueurs qui avaient le niveau performaient dans 48 clubs et non 14.
Certes, il y avait 4 ou 5 clubs qui étaient au-dessus, mais au lieu de se poser la question de voir si on pouvait élargir la Pro D2, on a préféré leur créer un division avec des faire-valoir. Sauf qu'aujourd'hui les faire-valoir disparaissent les uns après les autres et tous les autres connaissent des difficultés financières.
La fédération a donc pris le problème à bras le corps et travaille pour la saison 2026/2027 sur une réforme de la pyramide afin d'arrêter le massacre. Il ne faut pas oublier que lorsqu'un club disparait, ce sont des centaines de licenciés qui se retrouvent sur le carreau, c'est une économie locale et un dynamisme social qui en pâtissent.