RF

S'inscrire Connexion Menu Menu
/tmp/php1S9f4h

Il y aura toujours des secondes mamans !

Hommage à Béatrice Bonnet

par , le

Béatrice Bonnet est décédée il y a quelques jours. Elle était présidente du club de Rugby de Saint Genis Laval, dans le Lyonnais qui évolue en Fédérale 3. C'était une personnalité qui faisait l'unanimité dans le Rugby local. Engagée, passionnée, dévouée, elle avait cette particularité d'être présidente du club et responsable de l'école de Rugby. Elle était restée aussi pendant longtemps au LOU, toujours à s'occuper des gamins.

Là où les enfants avaient besoin de repères, elle était une seconde maman. J'ai eu la chance de la rencontrer pendant la campagne pour l'élection de la ligue Aura. C'était encore lorsque tout allait bien. Nous avions échangé, débattu. Elle était acquise à notre projet parce qu'on lui avait dit, je lui avais dit : notre engagement, le club. Quand vous dites ça à des gens impliqués, ça leur parle. Quand vous prenez le temps d'écouter, ça les interpelle dans un premier temps et vous les laisser continuer pour apprendre et faire en sorte que les bonnes idées deviennent de bonnes idées pour tout le monde.

Début décembre, son fils était là lorsque nous avons présenté le projet devant 150 personnes au LOU en présence du président de la FFR. Tout allait encore bien. Et puis son fils s'est tué en moto peu de temps après. Elle qui était là pour les petits bobos quotidiens, les gourdes perdues, les chasubles oubliées, les maillots jetés n'importe comment... Elle a éteint son sourire. Qui peut être là pour une maman qui perd son fils ? Qui peut trouver les mots pour lui dire que la vie continue ? Non, la vie ne continue pas. Même si son mari aimant est là, la vie s'arrête au détour d'une route qui vous enlève votre enfant.

Alors on ne compte plus, on ne fait plus attention. La tristesse et le chagrin vous rongent laissant entrer la maladie. Et puis un jour d'avril, la paix retrouvée fait espérer un dernier voyage avec lequel on peut retrouver son fils. Malgré cela, nous créons aussi la tristesse à notre tour, égoïstes de la délivrance laissant derrière nous les souvenirs et la nostalgie. La nostalgie d'un goûter d'hiver, d'un voyage en bus et des encouragements d'une maman de Rugby au bord d'un terrain. Qu'il est beau le maillot porté par les enfants. Que c'est réconfortant de voir des rires et des larmes partagés sur un terrain en dehors des problèmes quotidiens. C'est ça la vie. La transmission d'une passion, d'une vie et d'une envie. Aider les autres à se surpasser, à donner le meilleur d'eux. 

La mort, mais aussi la vie vous envoient parfois des signes comme pour vous dire que si quelqu'un n'est plus là, son esprit rôde et son coeur perdure au sein de notre vie et de nos passions. Alors pour faire vivre la mémoire de Béatrice et parce que sa mort a touché énormément la personne sur cette photo, j'ai voulu partager cette image qui a une histoire. Nous sommes en Gaudermen, ce dimanche, et le LOU joue contre Clermont. N'écoutant que sa vaillance, un joueur Lyonnais tente une relance avec tout son courage et sa force. Et puis un mauvais contact, rude et soudain, une douleur intenable et des vomissements sur le terrain. Oui, on est au Rugby et parfois on se vide les tripes. Le joueur est secoué. Il a 14 ans, ça peut se comprendre. C'est l'apprentissage de la vie. Nous ne sommes pas chez les pros, il n'y a pas de civière. Le reste ne se raconte pas mais on y retrouve l'esprit de Béatrice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y aura toujours des secondes mamans et des seconds papas au bord des terrains. Quelqu'un pour vous engueuler mais aussi pour vous réconforter. Quelqu'un qui vous marquera. Un entraîneur de Rugby, un professeur de musique, une personne qui ne comptera pas son temps, mais qui ne le verra pas passer non plus. Et puis un jour, elle partira et vous deviendrez ces papas ou mamans qui feront que quoiqu'il arrive, vous serez là à votre tour, sans rien demander, même pas un merci, même pas un sourire. Ils arriveront de toute façon, parce que la reconnaissance éternelle vit dans les mémoires de ceux qui ont été aimés.

A Béatrice, une grande dame du Rugby...

Autres news