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La réforme de Fédérale 1 en 10 questions

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Pour faire suite à la présentation de la formule retenue pour la saison prochaine, je vais vous présenter 10 points qui ont été les pistes de réflexion de la FFR pour cette nouvelle réforme.

1 - Pourquoi ne pas maintenir la poule d'accession ?

Aujourd'hui, il y a des clubs qui ne veulent plus y aller (Aubenas, Limoges) des clubs qui sont rétrogradés (Chambéry) et des positionnements de rétrogradés de pro D2 qui ne sont pas encore décidés (Narbonne). Au final, nous aurions donc Albi/Bourg en Bresse/Rouen/Tarbes moins un club qui monte + Roval Drôme XV + Strasbourg (-8 points) + Bourgoin Jallieu + Dax + Narbonne sous réserve, soient 8 clubs maximum sans compter les nouvelles procédures de sanctions qui pourraient arriver avec les analyses de bilan au 31 décembre. Aucun club du Jean Prat ne peut ou ne veut y aller.

Avec 8 clubs, règlementairement parlant la FFR peut décider de supprimer la poule d'accession. De surcroît, chaque année peu de clubs sont éligibles, ce qui fausse le championnat à partir de janvier et ne permet pas d'avoir une réelle vision sportive de la poule. 

Il a donc été décidé de supprimer cette poule qui connait trop peu de candidats ayant la possibilité d'y jouer avec les critères actuels

2 - Pourquoi ne pas alléger les critères pour la poule d'accession ?

Parce que ces critères sont déjà en-deçà de ceux de la LNR, ce qui est logique puisque nous sommes en Fédérale 1. D'autre part ces critères tendent à montrer que les clubs accédants ont une marche beaucoup moins haute à franchir administrativement et financièrement.

3 - Qu'en est-il de la sécurité des joueurs des clubs du Jean Prat ?

Effectivement, il peut y avoir un delta entre les clubs les mieux classés et les clubs moins bien classés. Ce delta existe dans toutes les divisions, lorsqu'Oyonnax bat Toulon, lorsque Massy bat Biarritz, mais aussi lorsque Nice bat Martigues avec plus de 100 points, sans compter chez les jeunes en Balandrade ou Phliponeau. Cela a toujours été et le sera toujours. L'idée n'est pas de reproduire ce genre de match toute la saison, mais d'avoir quelques matches qui permettent aux petits de progresser. Cela n'a dérangé personne lorsque l'ogre Aixois a fait match nul à Mauléon il y a quelques années. Pour rappel, le dernier grand blessé en Fédérale 1 était le joueur de Vannes lors d'un match contre Limoges, suite à un plaquage cathédrale, donc un geste illégal.

4 - Nous allons avoir des scores fleuves...

Là aussi, il est très facile de le vérifier. En faisant une analyse des saisons précédentes (depuis 2010/2011), on s'aperçoit que les scores avec des écarts supérieurs à 20 points sont stables. Ils représentent en moyenne 20 à 25% des matches joués. Les 2 saisons où il y en a eu le plus ont été 2015/2016 avec 29% et 2016/2017 avec 25%. Cette saison nous en sommes à 23%. La saison où il y a eu le moins de gros écarts est 2011/2012 avec 20% de matches à gros écarts. Durant cette saison nous avions Massy, Nevers, Lille, Bourg en Bresse, Montauban, Colomiers, Vannes...

Il est fort probable que nous resterons dans des valeurs semblables entre 20 et 25% pour la nouvelle saison.

5 - Pourquoi que 2 qualifiés pour jouer le championnat de France ?

Remettre le sportif au centre était une priorité. Néanmoins, il faut tenir compte aussi de ce qui fonctionne pour accéder à la pro D2. L'inconvénient des formules précédentes étaient la fin de saison tardive qui ne permettait pas aux clubs promus de se préparer correctement. Il a donc été recommandé de réduire les phases finales pour ceux qui jouent la montée. Les finalistes seront connus aux environs de la même date que le finaliste d'accession actuel.

L'une des demandes était aussi que la poule d'accession ne jouait aucun titre officiel. Pour jouer un titre d'une division, il fallait que tous les clubs soient au même niveau de départ, ce qui est le cas aujourd'hui. 

6 - Et si les finalistes ne peuvent pas monter ?

Là encore, il faut remettre le sportif comme critère prioritaire. La sélection doit se faire sur le terrain et non sur la comptabilité et le règlement intérieur. 2 clubs finalistes qui ne peuvent pas monter, il n'y aura pas d'accession. En revanche, les qualifiés pour le championnat de France sauront en avril 2019 s'ils remplissent les critères pour espérer jouer la pro D2 au lieu du 31 décembre actuellement. Cela permet aussi aux clubs de travailler sur les prérequis en parallèle du sportif. Ceux qui ne remplissent pas les critères joueront le titre de champion de France. 

7 - Pourquoi remettre le challenge Yves du Manoir ?

L'un des points sensibles qui est remonté était de pouvoir "vendre" la compétition aux partenaires. Partenaires qui pour la plupart connaissent le Rugby. Ce challenge historique était une sorte de consolante en première division avec une philosophie qui lui était propre. Le contexte de sa création était la remise en question du professionnalisme. Valoriser le club dans sa compétition est l'idée maîtresse de ce choix. Continuer l'histoire et marquer son nom au côté de grands noms du Rugby est aussi le fait de vouloir raconter une belle histoire.

Avec seulement 2 qualifiés en championnat de France, il était souhaitable d'avoir une seconde compétition qui sera proposée aux clubs classés entre la troisième et sixième place.

8 - C'est un retour en arrière

Jamais cette configuration de championnat n'a existé. Au début des années 2000, il y avait des poules de 12 avec 6 qualifiés dont 4 barragistes par poule et 3 rétrogradés. Puis est venu le Jean Prat qui a fait deux phases de championnat permettant aux meilleurs d'être champion de France mais aussi aux plays-downs d'être champion de France des perdants. Puis nous sommes passés aux poules de 10 avec 4 qualifiés et 2 relégués. Enfin un championnat à 2 vitesses avec la poule d'accession. Cette nouvelle formule reprend le meilleur de toutes ces versions en tenant compte du contexte actuel. Le fait de n'avoir que 2 relégués au lieu de 3 permet de stabiliser la division. Qui dit stabilisation sportive, dit stabilisation financière et du temps pour construire un projet. Le problème est aussi résolu pour connaitre les promus assez tôt et pouvoir se préparer. Il offre aussi une garantie de 22 matches, 11 à domicile au lieu de 9. Enfin, il permet aux clubs qui souhaitent accéder en pro D2 à pouvoir se préparer tout au long de la saison et ne pas avoir un championnat à 2 vitesses dés janvier.

9 - Pourquoi ne pas avoir réduit le nombre de clubs en Fédérale 1 ?

Ce n'est règlementaire pas possible. Les règlements sont fixés d'une année à l'autre avec des droits acquis. Remettre en cause ces droits donnerait raison à tout club faisant un recours au tribunal. Si cela doit se produire, ce ne serait que pour la saison 2019/2020. Cela veut dire un changement de règlement maintenant, ce qui est aujourd'hui impossible puisque la politique fédérale est basée sur la consultation des clubs, vote des clubs, puis rédaction des règlements pour proposition au Comité Directeur. Le délai est dépassé puisque les réformes doivent être validées avant avril pour laisser le temps à la commission des règlements d'étudier le dossier (failles éventuelles, correctifs...). Ce ne serait donc que pour la saison 2020/2021. Néanmoins Thierry Murie souhaite avoir au moins 2 ans de visibilité sur cette formule afin d'en étudier les points de vigilance et prendre les mesures qui s'imposent, notamment sur le resserement de la division.

10 - la fédérale n'est plus amateur

C'est un fait, mais faire croire que les clubs à petits budgets ne donnent rien à leur joueur est un mensonge. L'exigence de la fédérale 1 ne permet pas de s'entraîner épisodiquement et les contraintes doivent être dédommagées. Ce n'est peut-être pas ce que la majorité souhaite, mais arrêtons avec ce romantisme d'opposition entre monde professionnel et amateur. Comme le souligne Thierry Murie, les clubs sont tous viables... Jusqu'au moment où ils se mettent à payer les seniors.

La poule d'accession a créé une bulle qui au lieu de la laisser exploser va se dégonfler avec l'implication de la DNACG et de la CCCF qui inspecte les clubs. L'idée maîtresse n'est pas de supprimer l'argent car n'importe quelle personne pourra trouver des méthodes détournées. L'idée est d'éviter qu'un club ne disparaisse à cause de redressements, car la base des clubs, cela reste l'école de Rugby et les jeunes. A ce titre, Massy serait l'exemple à suivre, club qui avec 5 millions de budget en pro D2, à 3 millions destinés à l'association et donc à la formation. Les clubs ne survivront que s'ils pérennisent leur formation et la prochaine réforme des compétitions jeunes va dans ce sens, mais c'est un autre sujet.

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